mardi 13 janvier 2009

Make love not war


par Alain Legaret

«Faites l’amour, pas la guerre !». Combien de fois ne l’avons-nous pas repris ensemble, ce credo, quand nous refaisions le monde pour le rendre plus juste, plus fraternel, plus tolérant !

Lorsque notre idéal était fondé sur la liberté et l’égalité, sur l’amour de son prochain dans la laïcité, sur la vie. Parce que ces valeurs étaient solidement ancrées en nous et que, pour rien au monde, nous n’aurions accepté de les bafouer.

Mais aujourd’hui, mon ex-camarade, pour ne pas faire la guerre, tu as choisi de faire l’amour par lâcheté.

Tu as choisi de faire l’amour à des gens qui veulent t’empêcher de faire l’amour. A des gens qui te promettent sous les pavés, le désert.

Pour ne pas faire la guerre, mon ex-compagnon, tu as choisi de faire l’amour à des gens qui interdisent tout mais surtout pas d’interdire.

Tu fais l’amour à des dictateurs qui souillent les droits de l’homme. A des gens qui enseignent la haine à leurs enfants et qui bientôt l’enseigneront aux tiens.

Pour ne pas faire la guerre, mon ex-ami, tu as choisi de faire l’amour à ceux qui applaudissent quand des avions détruisent des tours à Manhattan. A ceux qui tuent intentionnellement hommes, femmes et enfants avec distinction de race.

Tu as choisi de faire l’amour à des gens qui font la guerre parce qu’ils sont frustrés d’amour, et pour qui l’existence n'est qu'accessoire, surtout la tienne. Ils font l’amour non pour donner la vie, mais pour donner la mort.

Pour ne pas faire la guerre, mon ex-complice, tu as choisi de faire l’amour à des gens ouvertement antisémites, au point que, toi aussi, parfois, en atteignant l’orgasme, tu te surprends à crier «mort aux juifs !».

Tu as choisi de faire l’amour en masochiste soumis à un maître qui te fait jouir en fouettant nos libertés, en insultant nos femmes, en étouffant notre culture et en crachant sur nos démocraties.

Tu as choisi de faire l’amour à une mante tellement religieuse, qu’elle t’en a déjà fait oublier ta chère laïcité avant qu’elle ne décide de te prendre l’âme.

Pour ne pas faire la guerre, tu as choisi, en guise de petit déjeuner, d’offrir mon pays* sur un plateau à ton amant, qui n’en demandait pas tant. Cet amant avec lequel tu t’assembles désormais au point de lui ressembler.

Car enfin, à trop faire l’amour, mon ex-frère, tu as déjà attrapé des maladies totalitairement transmissibles qui te seront à coup sûr mortelles.

Je t’ai perdu, car tu m’as trompé. Tu t’es trompé. Et malgré tous tes efforts pour le séduire, tu resteras toujours un infidèle aux yeux de ton nouvel amant.

Du moins, jusqu’à ce que tu ne reprennes avec lui son credo : «Faites la guerre, pas l’amour !»


*Les premières publications de ce texte datent de novembre 2002, à l'époque où je residais encore en France.

2 commentaires:

Polush a dit…

J'ignorais que vous aviez eu des amis ou camarades à gauche??
C'est vrai que j'sais pas tout, et nul n'est à l'abri d'une erreur!!

Anonyme a dit…

http://lumieresdumonde.net
On m'a transmis votre article sur Bernard Kouchner. Tout à fait juste. Je me souvenais de cette interview avec des journalistes dont Olivier Rafovicz, et des ricanements de Kouchner comme des autres journalistes d'ailleurs, ce qui en dit long ...
Je l'ai posté en commentaire sur mon site que je vous invite à visiter.
J'ai assez peu de temps pour rédiger moi-même en ce moment, pris par le travail et par l'information que je suis heure par heure avec les flashs sur Aroutz 2 et 10 généralement.

Je serais heureux de partager des conversations avec vous ici ou ailleurs.
J'aime beaucoup le nom de votre site d'ailleurs. C'est une expression qui se perd d'ailleurs, mais que je m'efforce à utiliser.

Gad.
http://lumieresdumonde.net

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