jeudi 3 juin 2010

Ce qui se joue au large de Gaza

par Alain Legaret

Pendant huit ans, près de six mille roquettes ont été envoyées sur Israël à partir de Gaza.
Fin 2008, Tsahal lançait l'opération plomb durci pour faire cesser ces tirs.

L'attitude de la communauté internationale, silencieuse pendant huit ans puis soudain vociférante, laisserait croire que bombarder les localités juives est moral, tandis que vouloir faire cesser ces tirs est immoral.

Depuis plus de quatre ans, Guilad Shalit est otage à Gaza. Depuis trois ans, Israël maintient un blocus sur Gaza, contrôlant les marchandises pour éviter que les convois humanitaires ne transportent des armes.

L'attitude de la communauté internationale, scandalisée dans un cas et muette dans l'autre, laisserait croire qu'empêcher le trafic d'armes est immoral, mais que retenir un être humain en isolement total serait donc moral.

Si telles sont les valeurs que défend la communauté internationale, le devoir exige de s'en démarquer.

Aujourd'hui, la Syrie est en train de transférer des tonnes de missiles au Hezbollah au nez et à la barbe des forces de l'ONU chargées de prévenir ce réarmement.

Dans le même temps, nombreux sont les pays qui ont réclamé d'Israël la levée immédiate du blocus de Gaza.

Autant demander directement à l'Etat juif de se suicider.

Il doit être difficile à certains de voir une nation se plier aux règles démocratiques et résister aux assauts des dictatures alentours.

Alors qu'Israël a arraisonné cette semaine la flottille pour Gaza, déjà un nouveau bateau irlandais se prépare à vouloir briser le blocus.


"Israël toujours coupable" : sur l’unilatéralisme anti-israélien

par Patrick Ravaisson

Ce qui frappe dans le dernier événement de l’arraisonnement de la flottille destinée à Gaza, c’est l’unilatéralité anti-israélienne dans les réactions à travers le monde. C’est toujours la faute d’Israël !

Quoi que fasse Israël, il a toujours tort, et la critique unilatérale trouvera toujours la petite bête à Israël sans jamais parler des crimes de l’autre camp.

Exemples :

- Tsahal tue des « pacifistes » d’un « convoi humanitaire ».
Donc Israël est un régime barbare coupable, au pire, de « crime de guerre», ou, au mieux, d’une maladresse criminelle.

Mais les mêmes accusateurs font silence sur les raisons du blocus de Gaza, sur le régime criminel du Hamas qui bombarde les civils israéliens, massacre les palestiniens du Fatah, est la base terroriste avancée de l’Iran dans la région. Silence sur les liens de l’organisation « humanitaire » avec les islamistes violents, l’Iran, Al Quaïda ; sur leur volonté déclarée de provocation et d’affrontement avec Tsahal ; sur leur refus de tout compromis.

- L’opération à Gaza en 2009 : Israël est coupable de «réaction disproportionnée», de «génocide», de tuer des civils innocents, des femmes et des enfants. Mais rien n’est dit de la tactique du Hamas qui utilise les civils comme « boucliers humains », qui utilise les écoles et les hôpitaux comme bases de tir ; rien sur les raisons de l’intervention, oubliés les tirs longtemps impunis du Hamas sur les civils israéliens.

- La barrière de sécurité : honte à Israël coupable d’édifier un mur, quand l’Europe fait tomber celui de Berlin ; Israël coupable d’Apartheid ; Israël coupable d’inhumanité en séparant des familles ; Israël coupable d’imiter les camps de concentration en enfermant des civils innocents…Mais rien sur les multiples attentats terroristes qui ont ensanglanté Israël et justifié cette protection efficace ; rien sur l’incapacité ou le manque de volonté de l’Autorité palestinienne d’empêcher ces attentats ; rien sur la cruauté de ces « kamikazes » bien plus grave et barbare qu’une simple « séparation ».

En ce triste lundi 31 mai 2010

par Jean-Pierre Lledo, cinéaste algérien

Avec la flottille soi-disant humanitaire, le pire vient de se produire.

Au lieu que la communauté internationale, par l'ONU ou d'une autre manière, séparément ou collectivement, dise clairement aux auteurs de cette initiative que c'était une dangereuse provocation, et qu'ils envoient par exemple une troupe d'interposition avant que la flottille n'entre dans l'espace israélien, ils ont fermé les yeux, et abdiqué leur responsabilité internationale essentielle qui est de prévenir la guerre.


A cette première irresponsabilité majeure, s'y ajoute à présent une seconde :

au lieu de condamner les auteurs de l'initiative de ne pas s'être rendu aux arguments raisonnables de l'armée israélienne - aller à Ashdod, pour que la cargaison puisse être vérifiée, et sa partie réellement humanitaire ajoutée aux 150 gros camions quotidiens qui vont à Gaza à partir d'Israël qui contrairement à la propagande ne fait aucun blocus, sinon celui des armes - et repartir ds leurs pays, la ''communauté internationale'' préfère à présent condamner... Israël !!!


Ainsi aujourd'hui en direct, devant nos yeux est en train de se reproduire le scénario de la guerre de Gaza en 2008-09. Car si durant 8 ans la ''communauté internationale'' avait joué son rôle de prévenir la guerre, elle serait intervenu elle même pour mettre fin aux tirs continuels depuis Gaza sur Israël. Elle aurait évité une guerre, les morts israéliens et les morts gazaouis.
Car Israël n'aurait pas eu besoin de riposter directement.


Ainsi donc, j'en arrive à la conclusion, extrêmement grave et préoccupante, que la véritable guerre faite à Israël, ne l'est pas tant du fait des Palestiniens que de la ''communauté internationale''.

Et d'une certaine manière la ''communauté internationale'' continue la longue tradition doublement millénaire de mise au pilori du (fait) juif, qui en passant par Munich, aboutit à la liquidation de 6 millions d'individus.

Plus que jamais, c'est la légitimité des Juifs à avoir leur propre état qui est contestée.

Plus que jamais, c'est LA QUESTION JUIVE qui se repose.

Plus que jamais, c'est à cette question que la ''communauté internationale'' doit répondre clairement.

Qu'elle affirme solennellement qu'Israël est légitime, non pas seulement du fait de la Shoah, mais du fait de sa longue histoire, et qu'elle joue alors son rôle de garant de cette légitimité, et alors s'ouvrira une ère de paix.

Sinon, ce sera la guerre, car toute négociation avec les Palestiniens, même couronnée de succès, ne serait qu'une étape vers cette guerre.

mercredi 2 juin 2010

Le Piège

par Albert Capino

« On n’y va pas : la dernière fois, ils nous attendaient à dix contre un avec des barres de fer »

Ainsi parlait un officier de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) chargé d’un secteur chaud dans le 93 (Seine St Denis).

« Ils ne respectent plus rien », renchérissait un policier, « ni l’uniforme, ni les sommations. On craint la bavure, un collègue a même failli se faire prendre son arme de service».

Cela se passait à Saint Denis, il y a une dizaine d’années.

Depuis, des territoires entiers sont perdus pour la République. Les trafics en tout genre sont en augmentation : drogue, armes… Ces dernières sont devenues plus dangereuses, leurs utilisateurs ayant délaissé les barres de fer pour l’arme de guerre automatique.

De fait, la police ne pénètre plus dans certaines zones, devenues de non-droit.

Les Israéliens, eux, y sont allés. Après avoir prévenu qu’ils ne laisseraient pas passer des navires vers une destination en état de guerre ouverte contre l’Etat hébreu.

Après avoir fait les sommations d’usage et qu’il leur ait été répondu « Négatif, nous poursuivons vers notre destination qui est Gaza ».

Bien qu’il leur ait été proposé une alternative leur permettant de faire parvenir de l’aide humanitaire supplémentaire après l’avoir déchargée à Ashdod pour contrôle, les organisateurs de la vaste opération de propagande visant à faire gagner Gaza à des militants ont rejeté toute alternative au passage en force.

mardi 1 juin 2010

L'assaut médiatique des humanitaires présumés

par Alain Legaret

La flottille pour Gaza a atteint son but.

Même si l'aide humanitaire aux Palestiniens était la raison invoquée, il est clair que l'objectif premier était la confrontation avec la marine israélienne en vue de la diffusion d'images désastreuses pour l'Etat juif.

Le refus des organisateurs de débarquer le matériel au port d'Ashdod pour l'acheminer vers Gaza par voie terrestre, ne laissait plus de doute sur leur véritable intention.

Tsahal a donc pris le contrôle des bateaux composant la flottille.

Après que les sommations d'usage furent rejetées, les soldats ont du intervenir.

Dès lors, impossible même pour la meilleure armée de monde de contrôler complètement les événements et d'anticiper le nombre de victimes.

Le bilan est à la mesure du comité d'accueil: couteaux, barres de fer, cocktails Molotov et armes à feu composaient le matériel utilisé contre les militaires.

Le monde, conditionné et entrainé par une presse partisane, se déchaine contre Israël.

Israël se retrouve dans la position du coupable, contrainte de se défendre des accusations portées contre elle.

Et pourtant, il semblerait que les rôles sont inversés.

En effet, Israël se justifie alors qu'elle devrait être en droit d'accuser la Turquie d'être à l'origine de ces ingérences.

Car c'est bien la Turquie d'Erdogan d'où sont partis les bateaux, qui a provoqué Israël à travers cette opération.

De plus, Israël avait clairement prévenu qu'elle ne laisserait pas passer la flottille.

Malheureusement, l'islamisme conquérant coutumier des concessions de l'Occident, savait qu'il sortirait forcement gagnant d'une mise à l'épreuve d'un de ses principaux remparts.

C'est même la raison pour laquelle les islamistes font d'Israël une obsession: quand on veut éliminer quelqu'un, on ne lui tire pas dans la jambe.

Dorénavant, puisque l'on sait Tsahal aussi maladroite que les armées russe et chinoise, plus rien n'empêche les tours opérateurs humanitaires pour touristes en mal d'adrénaline, de délester un peu Israël, et d'offrir enfin de nouvelles destinations pour manifester leur solidarité aux tchétchènes et aux Tibétains.

Un convoi humanitaire pour le Kurdistan au départ de Haïfa ?

par Patrick Ravaisson


Selon une source bien informée, une flottille humanitaire se préparerait à quitter le port israélien de Haïfa pour tenter de rallier le port turc de Bodrum.

Ce convoi composé de trois embarcations emporterait nourriture et médicaments à destination des populations kurdes des villages du nord de la Turquie et de l’Irak récemment bombardés par l’aviation turque.

Mis en place par une association humanitaire proche du PKK (Parti communiste du Kurdistan), ce convoi emporterait à son bord une cinquantaine de militants et de sympathisants de ce mouvement de résistance kurde, ainsi que des personnalités européennes et des représentants d’associations de défense des Droits de l’Homme.

Parvenu à Bodrum, ce convoi tenterait de se frayer un chemin par la route à travers la Turquie jusqu’au Kurdistan.

On peut s’inquiéter des réactions des autorités turques à une telle initiative, ainsi que celles de la communauté internationale qui pourrait y voir une provocation israélienne, voire un casus belli à l’encontre de la Turquie.

[Communiqué fictif en réaction aux réactions à l’arraisonnement par la marine israélienne d’un convoi humanitaire parti de Turquie et destiné aux Palestiniens de Gaza]

Le Monde à l'Endroit


Une grande partie de notre civilisation est bâtie sur des mensonges admis.

Aujourd'hui, la vérité n'est plus vraie: elle est ce que croient les gens et non ce qui est réellement.

En espérant que le mot vérité retrouve bientôt tout son sens, le blog "Le Monde Libre" change aujourd'hui de nom pour s'appeler "Le Monde à l'Endroit".

jeudi 6 mai 2010

Appel à la raison aux signataires de Jcall

par Patrick Ravaisson

Vous êtes pour la plupart des intellectuels juifs intègres, plus ou moins sionistes, voire pas du tout. Plus ou moins célèbres. Plus ou moins attachés à la cause palestinienne plus qu’à Israël. Vous êtes autant de personnalités diverses à plus d’un titre. Toute critique ou reproche à votre égard doit donc se faire « ad hominem ».

Pourtant, un trait commun vous rassemble : vous êtes tous de gauche, vous vous revendiquez de gauche, vous votez à gauche. Communistes, socialistes, Verts, gauchistes, anciens ou nouveaux, cette « sensibilité » de gauche vous réunit en cette occasion, peut-être plus encore que votre attachement à Israël. Vous communiez dans cette vieille tradition de « conscience morale » héritée de l’opposition à la guerre d’Algérie et du « soutien critique » à l’Union soviétique.

Sauf que la gauche n’est plus ce qu’elle était, et vous le savez bien. Si la gauche fut largement aux côtés des Juifs contre le nazisme, si la gauche de Mendes-France fut un soutien indéfectible d’Israël, depuis la fin des années 60, la gauche a dérivé de l’autre côté. A l’extérieur, le soutien a glissé au profit des Palestiniens d’Arafat, s’accompagnant d’une violente critique d’un Israël présenté comme « colonialiste et raciste ». Bien sûr, des exceptions existent à gauche, mais pour la masse des militants il suffit d’avoir vu les manifestations populaires se garnir de keffiehs jusqu’à accueillir les banderoles du Hamas dans ses rangs. A l’intérieur, la gauche a choisi de nouvelles victimes privilégiées à défendre avec l’immigration musulmane, refusant de voir la montée d’un violent antisémitisme dans cette même communauté musulmane. Sous le fallacieux prétexte qu’une victime du racisme ne saurait être elle-même raciste. C’est ainsi que la gauche des banlieues a laissé faire une véritable épuration ethnique, en particulier dans les écoles publiques vidées des élèves juifs chassés par la violence de leurs camarades immigrés. La gauche a lâchement cautionné les « territoires perdus de la République » pour ne pas stigmatiser l’immigration musulmane.

La gauche est en échec. En Israël, « La paix maintenant » et le parti travailliste sont plus faibles que jamais, victimes de leur naïveté politique. En France, l’électorat juif a silencieusement déserté la gauche. Car le Juif, même religieux, n’est pas totalement dénué de raison. Il a bien vu qu’en Europe, aujourd’hui, les soutiens visibles d’Israël, les adversaires actifs de l’antisémitisme, ne sont pas les trop discrets leaders de gauche, mais les Sarkozy, Berlusconi, Merkel, et même le très-catholique président polonais, hélas disparu. Ces noms écorchent sans doute la bonne conscience de gauche qui crie à l’imposture. Mais les faits sont là, et les Juifs, de façon très basique, préfèrent juger aux actes plutôt qu’aux déclarations d’intentions et aux beaux discours.

Donc, oui, majoritairement, les Juifs de France sont passés à droite. Non comme des faibles d’esprit sensibles aux sirènes du Likoud, mais pleinement lucides sur la triste trahison de la gauche. Et l’on devine que c’est ce qui menace aujourd’hui les Etats-Unis : si les Juifs américains prennent leurs distances avec le parti démocrate, ce n’est pas à cause d’un soudain abrutissement sioniste, mais à cause des faiblesses d’Obama envers le monde musulman et de ses pressions unilatérales sur Israël.

Alors vous, derniers intellectuels de gauche, levés dans un sursaut résiduel, portés à bout de bras par « Le Monde », le « Nouvel Obs », « Libération » et le parlement européen, ce n’est pas Israël que vous tentez de sauver, mais bien une gauche moribonde, ridicule dans sa grandiloquence morale. Votre appel n’aura aucun écho en Israël ; tout au plus, il crispera un peu plus les Israéliens dans un repli nationaliste contre les ingérences de prétendus amis qui hurlent avec les loups aux moments critiques.

Alors, s’il doit y avoir appel à la raison, c’est plutôt pour sauver la gauche de ses démons qu’il faudrait lancer. Et cesser de faire la morale à la démocratie israélienne, parce qu’on se sait impuissant devant ceux qui veulent la détruire.



Un drôle de messie pour Israël

par Alain Legaret

Dans le Nouvel Observateur du 29 avril 2010, Jean Daniel nous a gratifiés d’un éditorial intitulé "Pour sauver Israël".

C’est parce qu’il a été cité cette semaine lors du lancement du mouvement controversé Jcall au Parlement Européen, que j’ai eu la curiosité de le lire. Et franchement, ça ne manquait pas de piquant.

Jean Daniel, l’homme qui écrit depuis des lustres sans pour autant éclairer, est un spécialiste du sauvetage : il a réussi à préserver le job de sa fille quand elle accusait à tort les soldats israéliens de violer les femmes palestiniennes, en sortant de son chapeau les guillemets qui furent oubliés dans le texte original.

De quoi être méfiant quand il propose sa main salvatrice à Israël, et pour cause.

Car en lisant son texte, on y trouve des arguments surprenants dans la trousse d’un secouriste professionnel. Je cite:

"Cette fédération [l'AIPAC] apporte son soutien inconditionnel non pas à l'Etat d'Israël mais aux fractions les plus extrémistes de cet Etat (Likoud, religieux, etc)."

Traiter le parti de la droite traditionnelle au pouvoir de fraction des plus extrémistes d’Israël, est tout de même fabuleux. Faire l’amalgame avec les religieux de l’Etat hébreu est ahurissant.

Est-ce que Monsieur Jean Daniel aurait qualifié l’UMP de fraction des plus extrémistes de France, ou le compliment n’est valable que pour la droite israélienne?

Monsieur Jean Daniel considère-t-il Mère Thérésa et Sœur Emmanuelle comme des extrémistes, ou la généralisation à "tous des religieux" n’est valable que pour ceux de l’Etat juif?

Pour l’éminent spécialiste, le paysage politique du pays devrait peut-être être composé de la gauche, de l'extrême gauche, et de l'ultra-gauche?

Pour sauver Israël qui ne lui a rien demandé, l’idée de génie serait-elle l’abandon de la religion juive dans l’Etat hébreu?

En généralisant encore un peu, on pourrait penser que ce sont tous les Juifs israéliens qui sont nuisibles à Israël!

Qu’à cela ne tienne !

Car justement, Jean Daniel nous annonce qu’"il y a comme une alliance objective entre les ennemis extérieurs (arabes ou iraniens) et les ennemis intérieurs (juifs israéliens ou américains) contre la sécurité raisonnablement conçue d’Israël".

Sincèrement, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu ça.

L’histoire compte un bon nombre de xénophobes qui ont accusé les Juifs d’être les ennemis de l’intérieur, mais c’est bien la première fois qu’on ose le dire à propos d’Israël.

Si Monsieur Daniel est un ami d’Israël, que laisse-t-il aux antisionistes?

Si Monsieur Daniel est un ami des Juifs, que laisse-t-il aux antisémites?

Croyez vous que se serait écoulée une semaine sans réaction si Monsieur Daniel avait écrit qu’"il y a comme une alliance objective entre les ennemis extérieurs et les ennemis intérieurs (Musulmans français) contre la sécurité raisonnablement conçue de la France ? "

On aurait immédiatement assisté à un raz-de-marée d’indignation.

Quelle est donc cette liberté de parole qui ravage l’Europe dès lors qu'on peut salir Israël et ses Juifs?

Pas étonnant alors que dans une certaine presse, un terroriste qui se fait sauter dans un bus ou dans un restaurant en Israël, est simplement qualifié d’activiste!

Il est vrai que cette presse là n’est pas réputée pour prendre des pincettes quand il s’agit d’Israël.

Une des méthodes consiste à submerger son public de clichés destructeurs. Dans la plupart des cas, ça passe et on a ajouté une nouvelle couche de crasse sur l’image d’Israël.
Dans le cas où on est pris en flagrant délit de mystification, on cherche une pirouette pour s'en sortir, on s’excuse, on dit que c’est une erreur, et quand c’est vraiment grave, on publie un petit rectificatif dans un coin tranquille du journal et le tour est joué.

C’est exactement comme dans les procès où le procureur outrepasse ses prérogatives et lance une accusation tendancieuse à l’accusé, en sachant que l’avocat de la défense va certainement objecter. Mais peu importe, le but est atteint : les jurés ont déjà entendu et le mal est fait.

Le procédé est abject. L’utiliser démontre qu’on ne défend pas une cause juste, mais qu’on est prêt à tous les coups bas pour avoir raison.

Quoi qu'il en soit, Israël n’a pas besoin de tels sauveteurs qui lui proposent ce qui ressemble fortement à une euthanasie.

J’espère sincèrement qu’un jour, ils demanderont pardon.

Un Grand Pardon.

mardi 4 mai 2010

J’m’y call

par Alain Legaret

Parce qu’on ne peut pas laisser un chapitre aussi bref soit-il se terminer sans point, je m’y colle.

Hier soir 03 mai 2010, était donc lancé au parlement Européen a Bruxelles le mouvement Jcall se décrivant dans son « appel à la raison » comme une mobilisation de « citoyens de pays européens, juifs » (et pas « Juifs ». La majuscule, c’est quand on en est fier) qui annonce connaître l’avenir, à savoir « deux peuples, deux états. Nous le savons tous… » mais qui, dans sa grande magnanimité, laisse tout de même le choix aux Israéliens du chemin pour y parvenir.


J’ai donc passé (perdu ?) hier deux heures à suivre les différents intervenants à la tribune de l’assemblée européenne et franchement, il n’y avait pas de quoi casser trois pattes à un canard.

Quand on épouse une cause, c’est soit pour la servir, soit pour s’en servir.
J’ai eu l’impression de me trouver devant une troupe de vieux acteurs en mal de caméras.

Ce fut confus, mal préparé.
On a vu un ensemble de personnes qui devront d’abord accorder leurs violons avant de pouvoir présenter un « programme commun » acceptable. A suivre les prestations des différents intervenants, on se rend compte que ce n’est pas encore partie gagnée.

Jcall a été lancé par un groupe d'individus de gauche qui ont en commun d’être Juifs, comprenez donc au-delà de tout soupçon, pour faire pression sur Israël qu’ils accusent de faute morale, d’occupation, de colonisation. Rien que ça !

Nostalgiques d’une époque révolutionnaire, ils ont lancé par deux fois leur revendication à la marginalité : « quand on pense tous pareil, on pense plus rien », expliquant ainsi leur désolidarisation de la majorité des Israéliens, mais ne voyant aucune contradiction dans le fait de rejoindre le conglomérat bien plus important des détracteurs d’Israël. Quelle belle progression !!

Ils se sont posés en victimes sans tenir compte de la lâcheté de la méthode qu’ils emploient :

Ils ont osé appeler leur projet « appel à la raison » comme si le peuple israélien était déraisonnable.

Ils ont le courage d’oser pour les autres, mais ne subiront pas les conséquences de leurs erreurs en restant tranquillement dans leurs salons européens.

Ils utilisent leur qualité de Juifs pour participer à l’attaque généralisée en vue de renverser le gouvernement israélien démocratiquement élu.

Ils se servent des Israéliens pour améliorer leur image et se faire mieux voir dans leurs pays respectifs.

Opportunistes, ils rebondissent sur l’effet Obama qui n’a pas fini de faire des vagues désordonnées dont certaines pourraient effectivement se transformer véritablement en tsunamis dévastateurs.

Hier, ce ne fut heureusement pas le cas.

Les défenseurs de Jcall ont tout confondu. Ils ont parlé en tant que Juifs, mais avec des arguments d’Israéliens.
Et quand ils posaient en Israéliens, ils avançaient les positions de la gauche israélienne, trompant ainsi leur auditoire.

Mettre de l’ordre dans tout ça, ne va pas être facile.

A titre d’exemple, nous avons assisté à la prestation d’un David Susskind qui lance « quand est-ce que le peuple juif va s’exprimer avec force en disant: mettons fin à l’occupation ? »
Réduisant à peau de chagrin la mince cloison que le politiquement correct a bien voulu ériger pour différencier l’antisionisme de l’antisémitisme.

David Chemla a lui choisi de citer Jean Daniel et a justifié aussi sa présence à la tribune en évoquant la fatigue des israéliens, comme le faisait naguère l’énergique Ehud Olmert qui a tant donné à Israël….de fil à retordre.

Elie Barnavi a revendiqué le caractère judéo-juif de leur initiative, alors que « l’appel à la raison » comptabilise un nombre important de signataires se déclarant non Juifs.

Nous avons assisté aussi à l’intervention d’un Daniel Cohn Bendit, qui a entamé son numéro par un « je suis un mauvais Juif. Je ne suis pas circoncis. Je n’ai pas fait ma bar-mitsva. J’adore vivre en diaspora et j’adore vivre en Allemagne et en France ». L’ancien trublion arrive tout juste aujourd’hui à provoquer la ménagère de 60 ans.

Comme d’autres se sont octroyés le droit d’égratigner lâchement le sionisme, lui s’est cru obligé d’avancer sa judéité avec dérision afin de séduire l’auditoire, sacrifiant ainsi aux rites de la sacro-sainte laïcité, cette nouvelle religion prosélyte qui ne tolère à ses cotés que l’islam parce que l’islamisme lui fait trop peur pour oser l’affronter.

Enfin, nous avons entendu Bernard-Henri Levy reconnaître de facto l’erreur de trajectoire de Jcall : ils comptent faire pression sur Israël parce qu’ils sont incapables de faire entendre raison au Hamas et au Hezbollah. Que voulez vous, ils sont animés de bonnes intentions, mais ils tapent sur qui ils peuvent !!

La position bancale qu’ils ont adoptée ne va pas leur rendre la tâche facile, pour peu qu’elle se veut aussi honnête.

En marge de cette initiative, il faut noter l’inquiétante absence d’autocritique de la part des soutiens de « l’appel à la raison. ».

Alors que certains d’entre eux figurent en Europe parmi les défenseurs d’Israël attitrés parce que politiquement corrects, il n’y a pas eu l’ombre d’une remise en question pour savoir si le discours convenu qu’ils tiennent depuis des années n’est pas aussi en cause dans l’image dégradée d’Israël aux yeux de l’occident.

De cette mauvaise pièce, je retirerai tout de même une satisfaction personnelle : celle de ne pas avoir eu à entendre Alain Finkielkraut participer à cette représentation affligeante.

Car tout cela manquait énormément de fraîcheur. Aucune idée nouvelle n’a agrémenté la soirée.

Tout semble laisser croire que les pompiers pyromanes n’ont allumé qu’un feu de paille qui aurait pu être le prélude à une nouvelle guerre des Juifs.

Il est peut être temps de tourner la page de cet épisode navrant.

Car en attendant, les centrifugeuses iraniennes n’ont pas arrêté de tourner.



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