mardi 22 février 2011

L’interview de Stéphanie Aisselle


Par "Le Monde à l’Endroit"

Le Monde à l’Endroit : Stéphanie Aisselle bonjour. Merci d’être venue nous rendre visite au Monde à l’Endroit.

Stéphanie Aisselle : Merci à vous de m’avoir invitée, mais à vrai dire, je me sens un peu…..sens dessus dessous.

Le Monde à l’Endroit : C’est normal. Ça ne peut pas vous faire de mal.

Passons donc au sujet qui vous préoccupe et racontez nous ce qui vous amène.

Stéphanie Aisselle : Eh bien voilà. Je suis indignée, très indignée. Et je ne comprends pas que le monde ne s’indigne pas avec moi.

Le Monde à l’Endroit : Vous êtes indignée de quoi? Dites nous.

Stéphanie Aisselle : Ben, voilà. Je suis indignée de ce qui se passe dans le monde à Gaza.

Le Monde à l’Endroit : Où ça?

Stéphanie Aisselle : Ben, à Gaza…dans le monde quoi. Vous savez, le monde, Gaza, c’est la même chose. Qu’est-ce qui existe en dehors de Gaza ?

Le Monde à l’Endroit : Puisque vous le dites. Qu’y a-t-il donc de si grave à Gaza pour oublier le reste du monde ?

Stéphanie Aisselle : Quoi, vous ne savez pas? Vous ne vous rendez pas compte qu’à Gaza, il y a des hommes et de femmes qui meurent de vieillesse tous les mois dans le silence absolu des nations ? C’est scandaleux !

Le Monde à l’Endroit : Ah…

Stéphanie Aisselle : Mais ce n’est pas tout, vous savez. Par exemple à Gaza, quand les enfants ont fini de manger, ils se retrouvent avec une assiette vide devant eux. C’est absolument intolérable. Il faut dénoncer ce crime sioniste.

Le Monde à l’Endroit : Ah bon.

Stéphanie Aisselle : Vous ne savez rien vous ! Vous ne savez pas qu’à Gaza, les sionistes ont installé des feux aux carrefours qui passent au rouge plusieurs fois par jour, entravant ainsi la libre circulation des Palestiniens qui souhaitent se rendre de l’autre coté de la rue. C’est honteux !!

Le Monde à l’Endroit : pffff…ben ça !

Stéphanie Aisselle : Vous vous rendez compte que le soir, on déshabille les petits enfants palestiniens et ils se retrouvent en tenue légère avant de les mettre au lit. On va même jusqu’à leur retirer les petites chaussures. Jusqu’à quand allons nous tolérer ça ?

Le Monde à l’Endroit : ça alors….

Stéphanie Aisselle : Et vous ne savez certainement pas qu’à Gaza, même les infirmiers du Hamas sont obligés de se déplacer avec des lanceurs de mortiers dans les ambulances pour se défendre contre l’agresseur sioniste. Vous voyez ?

Et ce n’est pas tout. Par exemple, savez vous qu’à Gaza, quand ils ferment le robinet, il n’ont plus une seule goutte d’eau qui coule? Ou encore, quand ils appuient sur l’interrupteur, ça leur coupe l’électricité et ils se retrouvent dans le noir ? Non, vraiment, il faut s’indigner.

Le Monde à l’Endroit : Euh…

Stéphanie Aisselle : Quoi Euh ? Vous savez qu’à Gaza, quand ils ferment la porte du frigo, ils n’ont plus accès aux produits laitiers pour les bébés. Vous croyez que c’est supportable ? (Pleurs)

Le Monde à l’Endroit : Mais Madame Aisselle, ne pleurez pas. Vous savez, c’est pareil à Paris, à Tel Aviv ou à New York.

Stéphanie Aisselle : C’est où ça ? Et puis je m’en fous. Moi ce qui m’intéresse c’est Gaza, et là-bas, c’est le désert le plus désertique du monde. J’y étais ! Je l’ai vu de mes yeux.

Le Monde à l’Endroit : Donc, vous avez du voir le nouveau centre commercial avec ses boutiques et ses restaurants. ?

Stéphanie Aisselle : Vous parlez d’un centre commercial ! J’y étais, oui. J’y ai vu des pauvres Palestiniens enfermés dans des boites et emmenés d’un étage à l’autre.

Le Monde à l’Endroit : Oui, ça s’appelle un ascenseur.

Stéphanie Aisselle : Et alors ? Mais vous vous moquez de moi, vous ? Mais vous savez à qui vous parlez au moins ? C’est moi qui ai rédigé les tables de la loi et qui les ai remises à Moïse !

Le Monde à l’Endroit : Mais enfin, Stéphanie Aisselle, ce n’est pas possible ?

Stéphanie Aisselle : Oui, enfin non. En fait, ce n’est pas tout à fait moi qui les ai remises à Moïse mais je vous assure que j’y étais !

Le Monde à l’Endroit : Euh…Bon. Il serait peut être temps de conclure, non ? Pour finir, que pensez vous, Stéphanie Aisselle, de la phrase de Nietzsche « nul ne ment autant qu’un homme indigné » ?

Stéphanie Aisselle : Qu’est-ce que je m’en fous? Ca ne me concerne pas. Vous ne voyez pas que je suis une femme ?

Moi c’est Stéphanie. Stéphanie Aisselle. Et ne m’échauffez pas, vous, car j’ai le bras long, compris?

Le Monde à l’Endroit : On a compris. Stéphanie Aisselle. Merci beaucoup et bon vent !!

Stéphanie Aisselle : c’est « bonnes ventes » qu’il faut me souhaiter. Et Dieu merci, ça va.

Normal, c’est devenu mon pote depuis notre conférence devant Moïse. Tiens, ça pourrait faire un bon best-seller ça aussi…



2 commentaires:

Marcoroz a dit…

Très bon, très bon !

Rachel a dit…

Bravo Alain!

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