mercredi 6 août 2014

Quand l'AFP fait la propagande du Hamas


Voilà un tweet de l'AFP envoyé ce jour. L'Agence France Presse est sensée être une agence de presse.




Que vient faire cet enfant écrivant sur un tableau noir dans une classe dévastée? 
C'est quoi cette mise en scène ridicule?

© copyright Le Monde à l'Endroit

jeudi 19 juin 2014

Trois ans pour prévenir le chaos

 par Alain Legaret

L’antisionisme, c’est le droit d’être antisémite envers les juifs d’Israël.

C’est une activité tolérée en France. En principe, c’est l’os à ronger offert aux antisémites pour qu’en contrepartie, ils s’abstiennent de toucher aux juifs qu’ils ont sous la main. En principe seulement.

Parce que l’antisémitisme en France, c’est comme le chômage : il est tellement ancré dans le pays qu’on n’imagine pas s’en débarrasser. Alors on trouve des techniques pour qu’il se voit moins.

En taillant à Israël un costume de diable, les antisionistes passent alors pour des gens sympathiques, protecteurs de la veuve et de l’orphelin. En effet, quoi de plus honorable que de s’opposer au diable ?

Et ça fait 40 ans que cette situation perdure. Le choc pétrolier de 1973 vit la France troquer sa morale contre quelques gouttes de pétrole. Depuis cette période, et afin d’éviter de vivre une véritable dichotomie, elle s’emploie à noircir l’Etat juif pour aligner la conscience nationale sur ses choix.

Coincée entre son passé collaborationniste et sa politique arabe, la France commença alors sa propagande anti-israélienne en faisant attention de ne pas tomber dans l’antisémitisme. L’exercice était périlleux mais praticable du moment que le gouvernail restait entre les mains du pouvoir politico-médiatique. Toute mauvaise manœuvre pouvait être corrigée dès le lendemain.

Le sort d’Israël ne méritant pas d’ériger des barricades dans Paris, les Français suivaient les élites, exprimant tout au plus leur désapprobation au café de la gare ou lors du repas de famille. Cela dura jusqu’à ce que le peuple fût dompté et qu’Israël fut reconnu unanimement comme un Etat nuisible.

Mais c’était sans compter sur l’avènement d’internet et l’explosion des médias sociaux des années 2000. L’antisionisme savamment organisé et contrôlé par le pouvoir lui échappa soudain. Il n’était plus l’exclusivité des élites. La parole se libéra et les dérapages antisémites se firent fréquents. Ce phénomène, combiné à l’accroissement exponentielle d’une population arabo-musulmane traditionnellement hostile aux juifs (dans les pays arabes, on emploie couramment le mot "yahud", juif, pour israélien), a créé un cocktail explosif.



mardi 17 juin 2014

Des pulsions antisémites chez Euronews

par Alain Legaret

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Dans mon dernier article "Des pulsions antisémites chez Reuters", je rappelais un antisémitisme omniprésent, qui est partout et invisible à la fois, comme l’air que nous entoure et que nous respirons.

S’il est nécessaire d’illustrer mes propos, il suffit d’aller voir du coté des médias, une profession qui excelle dans le domaine.

Jeudi soir dernier, trois adolescents juifs disparaissaient, probablement enlevés alors qu’ils faisaient de l’auto-stop dans le Gush-Etzion, une région située au sud de Jérusalem.

Plusieurs médias français ont tout de suite utilisé le terme controversé de "colons" pour qualifier les trois adolescents. Or ce terme s’avère inadéquat puisque si l’un des trois adolescents habite dans l’implantation de Talmon, les deux autres habitent respectivement, l’un à El’ad et l’autre à Nof Ayalon, deux localités israéliennes à propos desquelles il n’existe aucun litige, si ce n'est les revendications des fanatiques ayant juré de détruire l’Etat juif.

Il est regrettable que les médias français se pressent pour adopter leur vocabulaire.

Car s’il est vrai qu’ils ont disparu dans une zone sujette à controverse où les habitants sont couramment appelés péjorativement "colons" par les médias hexagonaux, cela fait-il des adolescents enlevés des "colons" eux-mêmes ? Est-ce que l’otage français Serge Lazarevic, enlevé et retenu au Mali, serait-il devenu malien du fait même de son enlèvement? Est-ce que le journaliste d’Europe 1 Didier François serait devenu syrien parce qu’enlevé et retenu otage en Syrie ?

Si cette volonté des médias français de vouloir absolument rendre le juif israélien coupable quelles qu’en soient les circonstances, est devenue malheureusement banale, la palme de la vulgarité revient aujourd’hui à Euronews.

lundi 2 juin 2014

Des pulsions antisémites chez Reuters


par Alain Legaret

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Cela fait près de 15 ans, depuis la seconde intifada, lorsque j’étais assez naïf pour croire que les erreurs des médias étaient involontaires, que je me mobilise pour expliquer.

Cela fait près de 15 ans qu’en France et en Europe, on assiste à cette situation absurde où les citoyens se retrouvent à devoir informer des médias devenus dramatiquement délirants. Cela fait plus de 15 ans que la presse, subventionnée par les différents pouvoirs successifs, mène une campagne contre les juifs et leur Etat. 

Evidemment, depuis le grand massacre du siècle dernier, les élites politico-médiatiques se gardent bien de prendre pour cible les juifs européens. On parque leurs enfants dans des réserves qu’on appelle pudiquement "écoles juives", avec car de police et vidéo-surveillance pour protéger les derniers spécimens qui n’ont pas encore émigré vers des cieux plus cléments.

Mais pour ne pas frustrer les aficionados de la chasse aux juifs, on leur a permis d’exercer leur hobby sur les juifs d’Israël. On a appelé ça antisionisme et le tour est joué. On peut repartir, non pas comme en 14, mais comme en 40.

"Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde" disait Albert Camus. Les années ont passé et le mal s’est installé.  Après chaque article évoquant, je devrais plutôt dire souillant, Israël, il suffit de parcourir les commentaires postés par des lecteurs emplis de haine et d’une ignorance entretenue volontairement, oui j’insiste, volontairement, pour voir que la bête immonde ressurgit en Europe. Et cet antisémitisme, issu des élites et submergeant désormais les peuples, est tellement omniprésent qu’on ne le voit même plus. Il est partout et invisible à la fois, comme l’air qui nous entoure et que nous respirons.

mercredi 27 novembre 2013

Vidéo: Lettre Ouverte au Monde





Accord de Genève : pire que Munich

Par Bret Stephens du Wall Street Journal                                                             
Publié le 27 novembre 2013 sur Contrepoints.org

Traduction : Bernard Martoïa
En 1938, Chamberlain acheta du temps pour se réarmer. 
En 2013, Obama donne du temps à l’Iran pour se doter de l’arme nucléaire. 
accord de Genève
Pour reprendre Churchill : « Jamais dans l’histoire de la diplomatie mondiale on a fait tant de concessions pour si peu. »
La capitulation du Royaume-Uni et de la France devant l’Allemagne nazie à Munich a longtemps été synonyme d’ignominie, de décadence et de fiasco diplomatique. Pourtant, ni Neville Chamberlain ni Édouard Daladier n’avaient le soutien du public ou les moyens militaires pour résister à Hitler en septembre 1938. La Grande-Bretagne avait seulement 384 000 hommes dans son armée régulière, et le premier avion Spitfire venait à peine d’entrer en service dans la RAF1. « La paix pour notre temps » ne l’était pas vraiment, mais cet apaisement lui donna un sursis d’un an pour se réarmer.
La signature des accords de paix de Paris en janvier 1973 fut la trahison d’un allié des États-Unis et l’abandon d’un effort pour lequel 58 000 soldats américains donnèrent leur vie. Cependant, il mit fin à la participation de l’Amérique dans un conflit périphérique que ni le Congrès ni le public américain ne pouvaient soutenir indéfiniment. « La paix avec l’honneur » ne l’était pas vraiment, comme les victimes des camps de la mort cambodgiens ou les camps de rééducation vietnamiens peuvent en témoigner. Mais pour des fins américaines du moins, cela signifiait la paix.
En revanche, l’accord nucléaire intérimaire signé, dimanche, à Genève par l’Iran et les six grandes puissances a beaucoup de défauts comme ceux de Munich ou de Paris. Mais il n’a aucune teinte de rachat ou de disculpation.
Il faut prendre en considération que la Grande-Bretagne et la France vinrent à Munich comme de faibles puissances militaires. Les États-Unis et ses alliés disposent d’une position de force écrasante par rapport à l’Iran. La Grande-Bretagne et la France avaient gagné un peu de temps pour se réarmer. Les États-Unis et ses alliés ont donné à l’Iran encore plus de temps pour enrichir de l’uranium et développer son infrastructure nucléaire. Les gouvernements anglais et français devaient prendre en considération qu’une majorité écrasante d’électeurs étaient en faveur de la paix à n’importe quel prix. Le gouvernement d’Obama défie la majorité dans les deux chambres du Congrès en faveur d’un accord à tout prix avec l’Iran.
En ce qui concerne le parallèle avec la guerre du Vietnam, l’armée américaine montra sa détermination pendant la période qui précéda les accords de Paris avec une campagne de bombardements massifs et le minage du Nord du pays pour  démontrer la volonté présidentielle de forcer Hanoi à signer cet accord. Le gouvernement américain vient à Genève frais de sa déconvenue de recourir à la force pour punir la Syrie de Bachar al-Assad d’avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple.
L’administration Nixon quitta le Vietnam dans le cadre d’une ouverture durable avec Pékin qui rééquilibra le rapport de forces au détriment de Moscou. Maintenant les États-Unis tentent une ouverture fugace avec Téhéran au détriment d’une alliance durable de nos intérêts avec Israël et l’Arabie saoudite. « Comment perdre des amis et aliéner les gens » est le titre d’un mémoire hilarant par l’auteur britannique Toby Young, mais il pourrait aussi être l’histoire de la politique étrangère de Barack Obama2.
C’est là que les différences finissent entre Genève et les accords précédents. Ce qu’ils ont en commun est que chaque accord est une trahison envers un petit pays comme la Tchécoslovaquie, le Vietnam du Sud, ou Israël dont la sécurité est garantie par les Occidentaux. Chaque accord est une victoire pour les dictatures. « Peu importe que le monde le veuille ou non », le président iranien Hassan Rouhani a déclaré dimanche : « ce chemin, si Dieu le veut, est un hommage rendu à nos martyres de la communauté scientifique nucléaire. »34 Chaque accord accrut le mépris des dictatures pour les démocraties : « Si jamais ce vieil homme stupide vient interférer encore avec son parapluie, je vais le faire tomber dans l’escalier et lui sauter sur le ventre » confia Hitler à son entourage après la visite de Chamberlain à Munich.
Et chaque affaire fut un prélude au pire. Après Munich vinrent la conquête de la Tchécoslovaquie, le pacte germano-soviétique et la Seconde Guerre mondiale. Après Paris est venue la chute Phnom Penh et de Saigon, et la sortie humiliante depuis le toit de l’ambassade. Après l’accord de Genève va émerger un nouveau Moyen-Orient chaotique où les États-Unis vont perdre leur influence sur leurs alliés.
À quoi cela va-t-il ressembler ? L’Iran va se libérer peu à peu des sanctions et se glisser dans une zone d’ambiguïté et d’ombre pour tromper ses adversaires sur ses intentions jusqu’au jour où il sera en mesure d’affirmer sa puissance nucléaire. L’Arabie Saoudite voudra agir rapidement pour acquérir une force de dissuasion nucléaire auprès d’Islamabad. Le prince milliardaire saoudien Alwaleed bin Talal l’a dit à notre journal quand il a indiscrètement commenté un arrangement avec le Pakistan. L’Égypte commence à réfléchir à se doter d’une force nucléaire tout en négociant une alliance de sécurité avec la Russie.
Quant à Israël, il ne peut pas se permettre de vivre avec un Iran nucléaire et avec un Hezbollah à sa frontière qui gagne en influence politique et militaire. Les chances qu’Israël attaque les sites nucléaires de l’Iran vont augmenter fortement après l’accord de Genève, et plus encore, les chances d’une nouvelle guerre contre le Hezbollah, l’allié de l’Iran au Liban.
Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis créèrent des alliances de sécurité pour prévenir ce genre de politique étrangère indépendante qui devient rampante au Moyen-Orient. Ce système a bien fonctionné jusqu’au président Obama qui, dans sa sagesse, a décidé de le jeter aux orties. Si vous entendez des analogies avec les années trente après l’accord de Genève, c’est parce que l’Occident est dirigé par le même genre d’hommes, les parapluies en moins.

Article original titré « Worse Than Munich » et publié le 25.11 par The Wall Street Journal.
Notes du traducteur :
  1. RAF est l’acronyme anglais de la Royal Air Force 
  2. Le Désastre Obama par Guy Millière aux éditions Tatamis. 
  3. C’est une allusion aux assassinats ciblés de scientifiques nucléaires de haut niveau par le Mossad auxquels le général iranien Qassem Suleimani a répliqué par l’explosion d’un bus transportant des touristes israéliens près de l’aéroport de Burgas en Bulgarie le 18 juillet 2012 qui fit sept morts. La méthode est révélatrice des méthodes employés par une démocratie et par une dictature : des frappes ciblées pour Israël, des frappes aveugles pour l’Iran. 
  4. Le journaliste Dexter Filkins du New Yorker a fait une enquête élogieuse sur ce chef du renseignement militaire iranien dans son numéro du 30 septembre 2013 sous le titre « The Shadow Commander ». Ce magazine est un test auprès d’un public cultivé de la politique intérieure ou extérieure de son président adoré. Pour ce chef militaire iranien qui s’est confié au journaliste américain, le maintien du régime en Syrie est vital pour le Hezbollah, le principal allié de Téhéran dans la région. Que l’on veuille ou non l’admettre en pratiquant la politique de l’autruche, l’objectif ultime de l’Iran reste la destruction de l’État hébreu quand il aura acquis la bombe nucléaire. Dans ce rapport de forces inégal, l’Iran a pour lui la ténacité et la duplicité, face à une opposition désunie et lâche qui ne pense qu’à négocier de juteux contrats commerciaux. 

mardi 11 décembre 2012

Etat palestinien à l'ONU: qui a voté quoi?



Le 29 novembre 2012, l'Assemblée générale des Nations-Unies a voté l'admission d'un état palestinien comme état observateur non-membre. La résolution a été adoptée par 138 voix pour, 9 contre, et 41 abstentions.

Liste des 138 pays qui ont voté pour:

Afghanistan, Afrique du Sud, Algérie, Angola, Antigua-Barbuda, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bangladesh, Belgique, Biélorussie, Belize  Bhoutan, Birmanie, Bolivie, Botswana, Brésil, Brunei, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cap Vert, République centrafricaine, Chili, Chine, Comores, Congo, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Cuba, Chypre, Danemark, Djibouti, Dominique, République dominicaine, Emirats arabes unis, Equateur, Egypte, Salvador, Érythrée  Espagne, Ethiopie, Finlande, France, Gabon, Gambie, Géorgie, Ghana, Grèce, Grenade, Guinée, Guinée Bissau, Guyana, Honduras, Islande, Inde, Indonésie, Iran, Irak, Irlande, Italie, Jamaïque, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Koweït, Kirghizstan, Laos, Liban, Lesotho, Libye, Liechtenstein, Luxembourg, Malaisie, Maldives, Mali, Malte, Mauritanie, île Maurice, Mexique, Maroc, Mozambique, Namibie, Népal, Nouvelle Zélande, Nicaragua, Niger, Nigeria, Norvège, Oman, Ouganda, Ouzbékistan, Pakistan, Pérou, Philippines, Portugal, Qatar, Russie, Saint Kitts-Nevis, Ste Lucie, St Vincent-Grenadines, São Tome Principe, Sénégal, Serbie, Seychelles, Sierra Leone, Salomon (îles), Somalie, Sud Soudan, Soudan, Sri Lanka, Surinam, Suède, Suisse, Swaziland, Syrie, Tadjikistan, Tanzanie, Tchad, Thaïlande, Timor Leste, Trinidad-Tobago, Tunisie, Turquie, Turkménistan, Tuvalu , Uruguay , Venezuela, Vietnam,Yémen, Zambie, Zimbabwe.


Liste des 9 pays qui ont voté contre:

Les Etats-Unis, le Canada, la République tchèque, le Panama, les Iles Marshall, Nauru, la Micronésie, Palau, Israël.

Liste des 41 pays qui se sont abstenus:

Albanie, Allemagne, Andorre, Australie, Bahamas, Barbade, Bosnie Herzégovine, Bulgarie, Cameroun, Colombie, Corée du Sud, Croatie, République démocratique du Congo, Estonie, Fidji, Grande-Bretagne, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Malawi, Moldavie, Monaco, Mongolie, Monténégro, Pays-Bas, Papouasie Nouvelle Guinée, Paraguay, Pologne, Roumanie, Rwanda, Samoa, Saint Marin, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Togo, Tonga, Vanuatu.


© copyright Le Monde à l'Endroit
  

jeudi 6 décembre 2012

Tués deux fois

Par Alain Legaret

Tués deux fois: une première fois en Syrie, une deuxième fois à Gaza.

Tués deux fois par des arabes, et pourtant mis sur le compte des juifs.

Tués deux fois et peut être même comptabilisés deux fois, voire trois ou pourquoi pas quatre fois? Le but n'est-il pas d'augmenter les chiffres pour montrer ô combien les juifs sont malfaisants?

Comme nous l'explique Kamel Daoud : "Au mot Israël est associé celui de juif et donc celui de la part ténébreuse et maligne du monde dans l'esprit du musulman.[....] La Palestine est ce pays qui sert à dire que les Israéliens sont mauvais par nature, pour faire oublier que les "arabes" sont pires".

Tués deux fois comme surement d'autres, simplement pour pousser les foules à crier leur haine des juifs.

Tués deux fois par le déshonneur d'une presse complaisante qui loin de dénoncer ces agissements, les exploite.

Pauvres mômes tués une première fois dans l'indifférence, et une seconde fois dans le brouhaha des nations se bousculant pour incriminer Israël.

Pauvres mômes tués deux fois et ensevelis avec la vérité.

Mais quand il s'agit de dénoncer les juifs, qui s'en soucie vraiment?




© copyright Alain Legaret pour Le Monde à l'Endroit


lundi 3 décembre 2012

La différence entre « cause palestinienne » et prétexte palestinien

par Kamel Daoud
Chroniqueur algérien

Qu’est-ce que la Palestine ? D’abord un champ de morts et de mots qui intoxique cette terre virtuelle. Religion. Islam. Arabe. Injustice. Mahmoud Darwich. Guerre Sainte. Saladin. Reconquête. Réparation. Trahison. Echec collectif. Malheurs. El Qods. La terre. Les croisades. L’Ennemi. Le complot. La preuve par Allah. Les « frères ». Arafat. La Télé. Le JT. Terres occupées. Sionisme. Fuite. Exile. Traversée du Sinaï dans les sens contraire. Qibla. Djihad. Fin de monde.


Et Israël ? Cela veut dire L’Autre, dans les esprits des nôtres. Tous les autres. L’Occident. Les impies. La trahison. Kheybar. Coran. Fourberie. Complot mondial. Peur. Sombre. Noir. Couteau. Lobbys. Guerres. Poisons. Raids. Drones. Avions de chasse. Eternité. Adversité à Dieu. Ancienne histoire. Impossibilité de liens. Hommes armés avec casque et chars. JT. Colonies. Menaces. Tromperies.
C’est donc l’actualité de la semaine et du siècle et d’un millénaire et demi. Les rapports entre les deux cousins Abel et Caïn, la vraie version, dont l’un veut ce que veut l’autre. Israël Bombarde Gaza mais cela est presque un détail dans la chronique des deux peuples. Au mot Israël est associé celui de juif et donc celui de la part ténébreuse et maligne du monde dans l’esprit du musulman. Palestine est un affecte, une cause, une frustration et un jeu de poupées russes : La Palestine est une cause, un effet, un produit dérivé, une légitimation, un strapontin, un bon dos, un outil et une société-écran. Les islamistes s’y investissent, Ben Laden, Zawahiri, les néo-nassérien, les néo-nationalistes, les « arabes » assis dans les cafés et les élites progressistes de la gauche restante. A force, ce drame sert à tout sauf aux Palestiniens. Il sert à annoncer la fin du monde comme à rire de soi et des « siens ».
A quoi la Palestine nous est utile en Algérie par exemple ? A remplir les mosquées, soupirer, se consterner, crier, analyser le complot « juif » mondial présumé, consolider la paranoïa ou l’impuissance et à lever des foules pour les faire assoir.
Reproduction des textes originaux autorisée avec le lien et la mention suivante: © copyright Le Monde à l'Endroit